De manière plutôt attendue, la maison construite en 1958 par René Heyvaert (1929–1984) pour son frère à la périphérie de Gand est devenue une improbable habitation modèle. Les architectes lui ont déclaré leur flamme, et cette réalisation architecturale si souvent adaptée au fil des ans demeure un défi par rapport à ce qu’on considère comme un habitat de qualité.

Digne sexagénaire sise dans un magnifique écrin de verdure quasi vierge, la maison Heyvaert parle toujours un langage compréhensible, comme l’anti-héros d’un roman d’après-guerre. À la fois désillusionnée et débordante d’idéaux, cette maison reste une architecture parlante qui s’exprime aussi discrètement que résolument, un peu à l’instar du jeune Holden Caulfield dans le roman L’Attrape-cœurs (The Catcher in the Rye) écrit en 1951 par J.D. Salinger qui –et ce n’est pas un hasard! – finit par tourner le dos à la littérature.