Par les grandes transformations sociétales du moment, dont beaucoup ont également une dimension spatiale […] l’architecture va au-devant de grands défis. Pour l’instant pourtant, elle semble surtout tâtonnante. » Cette phrase de l’introduction de l’Architectuurboek Vlaanderen no 15 est rafraîchissante dans son ouverture au doute et au questionnement, en ces temps peuplés de sempiternelles « crises » sociales et écologiques, sanitaires et économiques, qui ne se suivent plus, mais se répondent. C’est aussi là que les « alliances » du titre présentent une portée programmatique enthousiasmante. Avec « la réalité », comme le complète le titre d’une manière poétique, quoique floue, mais aussi très concrètement par la recherche de démarches collectives qui explorent des réponses durables à ces transformations.

Des constats pertinents et de belles ambitions, donc. La sélection et les lectures de projets proposées par la suite peuvent toutefois étonner. Il semblerait qu’il faille justement, pour appartenir au sérail des projets publiés, avoir fait beaucoup et douté peu. Étrange pour une discipline dite « tâtonnante ». Qu’il s’agisse souvent de projets à l’intelligence spatiale et aux qualités architecturales indéniables n’est pas la question. On y trouvera même quelques projets exemplaires, modestes et précis, que ce soit dans les solutions formelles ou dans leur attention au vivre-ensemble, au territoire et à ses activités. Mais sans pour autant faire place dans les descriptions à l’hésitation. Comme souvent dans ce type de catalogue, les architectes sont présentés comme ayant su, maîtrisé et fait. Il semblerait donc à première vue que l’industrie de l’architecture d’auteur se porte plutôt bien.