« Sforzinda présente un plan octogonal structuré par des rayons. Ce concept géométrique est implanté dans un paysage où on voit des collines, dessinées l’une à côté de l’autre. On voit des arbres et une rivière. Tout cela semble d’une grande évidence. Il y a toutefois un élément étrange qui ne manque pas d’intriguer dans cette composition : le diagramme qui illustre la ville de Sforzinda. Il s’agit d’un plan, et non d’une perspective conventionnelle. Ce n’est rien de plus qu’un empilement de trois figures géométriques, simplement superposées : un cercle, deux carrés, entourés d’une série de lettres. Ce qui intrigue, c’est la manière dont deux conventions sont réunies dans une seule gravure : le plan abstrait et la nouvelle perspective »1 (trad. libre). 1 Lagrange, T., (2018). The Matrix Project. AraMER & MER, Gand.

Même si les collines du paysage imaginé autour de Sforzinda sont plus escarpées que celles de la périphérie de Melsele, le Shelter signé Alt architectuur semble se nicher de manière assez similaire dans la verdure environnante. En particulier lorsqu’on découvre le plan octogonal du pavillon et la manière dont il invite à observer son environnement selon différentes perspectives. Ce n’est pas un hasard si la citation ci-dessus est elle aussi de la main de l’architecte du Shelter. Thierry Lagrange incarne en effet trois personae : architecte, photographe et chercheur. Une polyvalence qui est à la fois perceptible dans la conception et dans le vécu qu’offre le bâtiment.