Depuis plus de trois décennies, le bureau Aires Mateus développe un langage architectural singulier basé sur la précision, les vides et la lente intelligence de l’espace. Ses projets — qu’il s’agisse d’un musée enterré sous une place publique, d’une maison « sculptée » ou d’une école insérée dans une cité médiévale — semblent naître dans le silence, révélant la lumière, l’ombre et les possibilités. Dans cette conversation, Manuel Aires Mateus aborde la beauté des ruines, les leçons à tirer de la reconstruction de Lisbonne, et la responsabilité qu’entraîne la conception de structures capables de survivre à leurs propres intentions. Cet entretien, qui a eu lieu à l’occasion de la conférence que donnera Manuel Aires Mateus le 3 février à Bozar, à Bruxelles, retrace une pratique qui ne considère pas l’architecture comme une fin en soi, mais comme le commencement de la vie d’un bâtiment.
Dominique Pieters (A+) : Plusieurs de vos bâtiments semblent naître du silence – d’un vide attendant d’être habité. À quel moment un espace vous semble-t-il « prêt » à être rempli ?