Imaginez une ville où les femmes pourraient se promener la nuit en toute insouciance. Où les enfants pourraient jouer librement dans les rues à côté de chez eux. Où les personnes sans abri ne seraient plus obligées d’être d’éternelles nomades. Telle est la « cité juste », The Just City1, vers laquelle nous devons tendre, une ville appartenant à tout le monde, créée par chacun et chacune2, notamment par les personnes marginalisées. 1 Susan S. Fainstein,The Just City, Presses universitairesde Cornell, 2010 2 Jacobs, J. (1961),The Death and Life of Great American Cities, New York, États-Unis : Random House
En tant qu’architecte de formation et conteur dans la pratique, mon rêve d’une cité juste m’a amené à souhaiter cocréer avec les gens. Cela consiste à concevoir des processus participatifs, à traduire en plans les besoins des résidents, à construire des aires de jeu avec les enfants, ou encore à élaborer des récits avec les flâneurs du monde entier.3 3 Coates, J. (2017), «Key Figure of Mobility: The Flâneur»,dans Global Flaneurs. Dans cet article, Jamie Coates explique comment le «flâneur», traditionnellement perçu comme une figure masculine du loisir, a été réimaginé dans des études urbaines contemporainesafin d’inclure différents groupes marginalisés