Pour Woluwe terre d’eau1, les bureaux d’architecture 1010au et Fallow ont relié une mission de gestion de l’eau complexe à une série de projets à petite échelle constituant une plus-value au niveau sociétal. La responsabilité administrative de cette mission est organisée au niveau du quartier, près des habitants et des usagers. La cohérence est empruntée à l’entité plus globale du bassin hydrographique. En choisissant ce contour hydrographique comme cadre directeur, Woluwe Waterland s’ancre dans les contraintes imposées par le paysage. 1 Woluwe terre d’eau s’inscrit dans le contexte plus large d’une étude de la couronne du 20e siècle dans et autour de la région bruxelloise, menée en 2021 dans le cadre de Labo Ruimte XX+I, une initiative conjointe de la Team Vlaams Bouwmeester, de Labo ruimte, du Maître Architecte bruxellois et de perspective.brussels.
La périphérie de Bruxelles est un territoire où les conflits, nombreux, résultent fréquemment d’une friction entre les schémas urbains et le sous-sol. Cela s’applique indubitablement à la gestion de l’eau : depuis longtemps, on tente en vain de mettre en place un vaste réseau d’égouts, des bassins d’orage et des stations de pompage pour soumettre l’eau aux us et coutumes de la ville du 20e siècle. Les rivières ont donc été canalisées dans des conduites, les sols ont été artificialisés à grande échelle et des infrastructures essentielles ont été construites au-dessus des cours d’eau. Et, au passage, on a fait un sort au passé : les sources, étangs et ruisseaux – jadis des lieux au coeur des communautés – ont commencé par disparaître sous terre, avant de s’effacer des mémoires.