Entrer : en interférence. Quand l’architecture belge rencontre l’architecture québécoise

publié le 30.10.2018 | texte Charlotte Lheureux

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Après Paris (2015), Genève (2016) et Londres (2017), l’exposition entrer : cinq architectures en Belgique traverse l’Atlantique pour s’exposer au Centre de Design de l’Université du Québec à Montréal. Cette fois, elle entre en interférence avec une nouvelle sélection canadienne… Etincelles garanties !

Plutôt que de les associer un à un, Audrey Contesse et Georges Adamczyk, co-commissaires, préfèreront provoquer l’interférence de leurs entrées respectives – l’interférence comme moyen de brouiller les codes pour les rendre accessibles au plus grand nombre et de s’introduire dans la conversation initiée plus tôt en Europe, mais aussi comme la métamorphose d’un lieu, le renversement d’un processus en déclin par cinq + cinq actes d’architecture.

La nouvelle sélection rassemble des projets montrant une intégration sensible à leur contexte respectif, lieux chargés de mémoire ou autres territoires abimés. Ces projets ne sont pas des inconnus du milieu, dont ils obtiennent tous la reconnaissance, certains à travers des prix prestigieux. Mais là n’est pas le propos, qui serait plutôt d’informer le grand public sur la contribution essentielle de l’architecture au renouveau culturel et social que connaissent nos villes contemporaines. Porteurs de ce message, un ancien temple classé au Patrimoine mondial de l’Unesco qui s’adjoint d’un volume contemporain  pour devenir une maison de la littérature, deux édifices historiques réunis en un méga laboratoire consacré aux innovations numériques, une station essence conçue par Mies Van der Rohe en 1969 et reconvertie en un centre intergénérationnel, un viaduc ferroviaire connectant à la ville un site gigantesque jusqu’alors interdit au public et bientôt un campus universitaire bouillonnant, un stade de Soccer déposé sur les bords d’une ancienne carrière, nouveau point de rassemblement du quartier.

Entre le visible et l’invisible, ces cinq gestes questionnent ce que Georges Adamczik appelle « la dimension civique » de l’architecture, leur présence au sein de l’exposition constituant selon lui une position critique en soi. Concernant leur présentation, le co-commissaire écarte très tôt l’option du « simulacre ». Il ne s’agit pas de faire comme l’exposition belge, mais bien de dialoguer avec elle. Aussi, le volet québécois s’approprie les supports inventés par son prédécesseur en se permettant certaines libertés de jeu. La bande-son accompagnant les posters, par exemple, ne recrée plus des « atmosphères », mais donne la parole à l’architecte. Une manière d’offrir au visiteur quelques clés supplémentaires pour la lecture des documents visuels (photographies, maquettes ou vidéos). Et bien que leur numérisation suggère de futurs voyages ou prolongement des contenus, ces documents font ici l’objet d’impressions, qui recouvrent comme des nappes cinq tables alignées. La diagonale ainsi dessinée traverse le système orthogonal de la scénographie belge, comme un grand mouvement d’ensemble, prêt à l’accueil et au débat.

Exposition : entrer : en résonance du 4 octobre au 9 décembre 2018 au Centre du Design de l’UQAM – Université de Québec à Montréal

Conférence publique : Dix architectes en interférence le 4 octobre de 18h à 21h au Pavillon J.-A.-Desève – Université de Québec à Montréal

Conférence publique : Les temps de la qualité le 22 novembre de 18h à 21h au Pavillon des Sciences de la Gestion – Université de Québec à Montréal

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