Publié le 28.11.2023 | Texte: Amélie Poirel | Photos: Séverin Malaud

La rue Bronze, qui fait le lien entre le centre d’Anderlecht et le Canal, abrite un bâtiment qui se démarque : la Maison des Artistes. Cette ancienne maison de maître, aux modénatures soignées, est le point de départ pour l’implantation de la nouvelle crèche qui la juxtapose. Un dialogue est entamé entre ces deux programmes sans lien intuitif apparent. Pourtant, c’est bien la recherche d’une cohésion sociale qui mène le projet d’agmen et Carton 123, en voulant donner l’impulsion d’une rencontre entre ses communautés que constituent familles, bambins, artistes et passants.

En partant de cette volonté de cohésion, la connexion urbaine entre les deux bâtiments commence à se dessiner. Elle se veut modeste, en prenant du recul par rapport au bâtiment de la Maison des Artistes qui résonne. Mais surtout vectrice de connexion, avec un volume qui cherche à se relier. La façade de la crèche se positionne en recul par rapport à l’alignement de la rue. Ce choix détermine, telle une antichambre, un patio d’entrée qui fait le lien subtil avec la ville en attirant l’œil des passants par son simple jeu de superposition d’une colonne et d’une poutre en acier thermolaquée bleu. Une paroi métallique en accordéon se déploie lorsque l’on souhaite fermer l’entrée, mais lorsqu’elle est pliée semble disparaitre. Ce seuil, très ouvert, invite ainsi à pénétrer dans un premier espace extérieur qui favorise les rencontres et renforce la signification du lieu : une rue de traverse dans un quartier en plein essor.

L’articulation des transitions est chère aux concepteurs. La passerelle lisible, transparente, s’ouvre à la fois vers la rue et la cour d’école en intérieur d’îlot. Elle mène à des espaces qui, intérieurs comme extérieurs, donnent la liberté aux usagers de se les approprier. Ils sont le lieu des possibles, mais présentent une grammaire architecturale propre. Ce langage constructif ludique, coloré, laisse supposer des activités en lien avec ses occupants, principalement de la petite enfance. Les stores bannes, aux textiles rayés, animent la façade donnant sur la cour au gré des rayons du soleil.

Ce langage, propre à l’architecture belge contemporaine, rend visible les éléments de la construction et leur enchevêtrement. Il répond à la réalité structurelle des matériaux en les mettant en évidence. Tandis que les matériaux intérieurs, principalement naturels, donnent de l’importance au sens du toucher. Le bois devient une texture qui appartient au mobilier. Ce choix approfondi des matériaux, où aucun élément n’est laissé au hasard, fait partie de la conception totale entreprise par les architectes. Une grammaire du réel où les matériaux sont choisis selon leur usage et leur haptique.

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