Publié le 13.03.2024 | Texte: Amélie Poirel | Photos: Laurent Liefooghe

Au cœur du Pentagone Bruxellois, le projet de logements Urban Court de MDW s’insère dans un quartier malmené depuis l’arrivée de la jonction ferroviaire nord-midi. Anciennement peuplé de petites maisons et commerces, le quartier a vu s’élever de nombreux bâtiments de bureaux. Ces nouvelles constructions ont modifié la morphologie urbaine du site et son atmosphère, faisant évoluer progressivement un quartier mixte, populaire et animé, vers un quartier monofonctionnel et déserté en soirée. Le projet de MDW réintroduit de l’habitat, nécessaire à la densification, sans faire l’impasse sur les espaces de vie collective, tissant ainsi à nouveau un lien avec la ville.

En réaction à la morphologie urbaine dense, le projet vise une densification positive du site. Le geste principal est l’ouverture de l’îlot vers son jardin commun intérieur. La dalle supérieure du passage ouvert sur la rue, qui est constituée de fines poutres en béton,  est percée d’une ouverture zénithale. L’adressage à la ville est ainsi clair et lisible avec un passage, telle une faille, qui offre une appropriation possible de l’espace extérieur. Ce choix positionne le projet en marge dans ce quartier d’îlots introvertis.

Le rez-de-chaussée, aux espaces flexibles, généreux par leurs proportions et largement ouverts sur la rue, laisse la possibilité d’accueillir de multiples activités, tels que commerces, crèches, bureaux, professions libérales. Ainsi, il permet de faire vivre le quartier en le sortant de la prédominance de la voiture qui dicte aujourd’hui son atmosphère. Ce socle commun unifie l’ensemble des volumes du bâtiment. Il affirme la mixité programmatique du projet, séquence le gabarit et lui donne une assise dans la pente de la rue aux Choux.

Les volumes clairs et lisibles s’élèvent au-dessus du socle. Chacune des façades offre une réponse cohérente à son interaction avec la ville. Les façades de la rue du Marais, à l’allure d’une ruelle par ses proportions, se plient et génèrent ainsi des vues différenciées pour les habitants des logements et une variation depuis la rue. Ces plis fabriquent sur les façades en briques vernissées bleu ciel, des reflets changeants tantôt diaphanes tantôt miroitant.

L’enjeu du projet de réintroduire du logement dans ce quartier de Bruxelles, ne se fait pas aux dépens de la qualité de l’espace public. La faille, qui vient perturber la continuité du socle du projet, apporte une respiration au quartier. Elle devient l’élément urbain qui réussit à libérer l’îlot classique de sa délimitation cartésienne et rigoureuse de murs clos et offre désormais des possibilités d’appropriation de l’espace commun.

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