Locaux des mouvements de jeunesse

Architecten Els Claessens en Tania Vandenbussche
publié le 24.10.2011 | texte Christophe Van Gerrewey non résidentiel
© Hilde D'haeyere
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Le bâtiment pour les mouvements de jeunesse construit à Blankenberge par Els Claessens et Tania Vandenbussche n’impose aucune interprétation mais ne se montre pas non plus vraiment bavard. Sans avoir l’air particulièrement spécial, il n’est cependant pas tout à fait ‘normal’.

Le jury architecture a éprouvé des difficultés à justifier ce couronnement quasi évident. Le rapport ne mentionne pas même un cinquième des commentaires consacrés à d’autres projets. Que se passe-t-il dans ce cas? Dans le dernier ‘jaarboek’ ‘Architectuur in Vlaanderen’ (édition 2010), Maarten Delbeke a consacré à ce bâtiment un texte intitulé ‘Efficiënte vorm’ (‘Forme efficiente’). Il s’agit de locaux prêtés par la commune aux mouvements de jeunesse de Blankenberge et des alentours, qui ont la possibilité d’aménager eux-mêmes les cloisons intérieures, les sanitaires et d’autres installations. Le site se trouve juste derrière la configuration classique de la côte belge, après le rivage, la plage, les dunes et la ligne de tram. Vu du ciel, le bâtiment est immédiatement reconnaissable par sa forme de double équerre, comme un serpent anguleux qui se serait immobilisé dans le paysage. Les locaux donnent directement sur l’extérieur, parfois par un petit escalier, et se prolongent ainsi automatiquement à l’air libre. Cette ligne doublement coudée possède un passage souterrain et est surmontée d’une toiture en pente très douce, qui semble étonnamment sans fin. Comme l’écrivait Delbeke, cela produit un « effet stratifié » grâce à « un design extrêmement maîtrisé ». Le projet illustre des stratégies de conception – que l’on peut entre-temps éventuellement qualifier de techniques – mises à l’honneur au cours de la dernière décennie et ayant apporté le succès à plus d’un bureau flamand. Une figure géométrique simple, légèrement déformée et surmontée d’une toiture quasi autonome, produit un effet visuel complexe qui contraste dans l’environnement. Parallèlement, cette figure ne suggère pas immédiatement de références typologiques descriptibles. Les techniques évoquées par Delbeke ont également fait l’objet d’un concept proposé comme contribution flamande à la biennale d’architecture de Venise en 2008, conçu avec Guy Châtel et Kris Coremans, intitulé: ‘Congruentie en vertekening’ (‘Congruence et distorsion’).
Le bâtiment d’Els Claessens et de Tania Vandenbussche à Blankenberge s’inscrit en effet à merveille sous cet intitulé: un volume ‘ennuyeux’ distordu tant en plan qu’en coupe, de sorte qu’il subsiste malgré tout une forme globale se distinguant de son environnement et suffisamment admirable pour donner du piment à son utilisation quotidienne. Peut-être « la distorsion de la forme congruente mais efficiente » est-elle une autre manière de décrire ce que Geert Bekaert appelait « la poésie du lieu commun »? Ou peut-être les louanges laconiques figurant dans le rapport du jury sont-elles ici totalement pertinentes: « Même le toit a été primé. »

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Architecten Els Claessens en Tania Vandenbussche
Blankerberge | 2011
A+232
pages 66-68

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© Hilde D'haeyere
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