34 logements sociaux

Pierre Blondel Architectes
publié le 17.09.2012 | texte Cécile Vandernoot logement collectif
© Marie-Françoise Plissart
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En trente ans, Uccle n’avait plus vu de nouveaux logements sociaux se construire sur son territoire. La Société Uccloise du Logement est à l’origine de l’ensemble de 34 unités édifié sur un terrain lui appartenant, à la frontière avec Drogenbos. Elle a osé un concours dont le projet lauréat est signé par le bureau Pierre Blondel architectes.

En 2003, la Société Uccloise du Logement (SUL) lance un concours en marché public dont le programme prévoit 34 unités d’habitation. Propriétaire de près d’un millier de logements, elle n’a plus tenté l’aventure de bâtir du neuf depuis les années 1980, mais se trouve portée par l’expérience de la SLRB qui répartit les subsides. En établissant la programmation, la SUL prend conscience que la répétition d’un modèle n’est plus un carcan. La diversité demandée promet une richesse dans la manière d’habiter, ce qu’à l’époque post-moderne les barres de logements appauvrissaient totalement en prônant une uniformité rassurante.
Malgré les efforts de communication lors des premières réunions de concertation, les riverains étaient peu réceptifs, réticents à subir les nuisances de travaux et à accepter la mutation de ‘leur’ vis-à -vis boisé – terrain privé malgré tout – en une construction contemporaine étiquetée péjorativement de ‘logement social’. Le bureau Pierre Blondel architectes, lauréat du concours, s’est dès lors attaché à comprendre le contexte politico-social ambiant. La promesse de préserver le petit bois a ainsi participé à l’obtention du permis.
Un travail d’urbanisme suivant l’observation des usages a redéfini les espaces sur ce terrain auparavant sans statut clair. Une nouvelle voirie a été tracée, en parallèle à un jardin et à un square publics. Les architectes, qui ont privilégié l’habitat regroupé, ont longtemps espéré voir le programme se gonfler afin de proposer une densité plus élevée – au regard des gabarits voisins imposants -, mais la SUL est restée frileuse à ce niveau. Le projet se déploie dès lors sur seulement un quart de la parcelle, le choix de ne pas gaspiller du terrain étant fait par les architectes qui laissent 7000 m2 potentiellement constructibles.
Les logements, qui n’atteignent que ponctuellement trois niveaux, suivent la rue François Vervloet et le nouveau tronçon sinueux qui la prolonge. Un petit immeuble vient également s’implanter sur la zone résultant de la bifurcation de la rue; latéralement le square minéral lui répond, en l’intégrant ainsi à la totalité du projet.
La géométrie du bâtiment est lissée côté rue tandis que les volumes se complexifient à l’arrière, côté jardin. L’imbrication des unités de logement traduit l’attention particulière portée sur la notion de collectif conjuguée à celle d’individu. Un escalier, une chicane, une coursive, quatre couleurs créent une différenciation dans l’accès aux logements, amenant une identification qualitative. Les architectes cherchent à déstigmatiser le logement social. Parmi les logements de plain-pied pour personnes à mobilité réduite, les appartements de 1 à 3 chambres et les maisons de 4 chambres, il est rare que deux plans se ressemblent. Dans les maisons, la compression des hauteurs sous plafond de zones dites ‘moins importantes’ offre une pièce supplémentaire, luxe inespéré avec un budget serré.
Dans ces habitations neuves, la SUL a notamment pu reloger des personnes venant de la Cité jardin du Melkriek ou d’autres logements, dont la situation familiale ne correspondait plus au logement occupé. Certaines demandes dataient de plus de cinq ans. Les locataires ne s’attendaient pas à déménager dans du neuf et en sont ravis. D’autres regrettent le temps où ils occupaient seuls une maison de quatre chambres. Tous ces voisins font aujourd’hui à peu près bon ménage; la situation avec les riverains s’apaise progressivement. Les habitants sont fiers d’habiter leur logement et ouvrent facilement leur porte pour une visite: un bel exemple d’appropriation et de convivialité.

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Pierre Blondel Architectes
Uccle | 2012
A+237
pages 62-64

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© Marie-Françoise Plissart
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