Publié le 06.05.2024

Le nouveau Baromètre de l’Habitat Sain montre le chemin à suivre pour construire des bâtiments plus sains, plus durables et plus résistants en Europe. Nous passons 90% de notre temps à l’intérieur. D’où ces deux questions légitimes : Les bâtiments dans lesquels on vit, on travaille, on étudie fragilisent-ils ou renforcent-ils notre santé ? Et contribuent-ils ou freinent-ils la lutte contre le réchauffement climatique ?

Chaque année depuis 10 ans, le groupe VELUX confie à un bureau d’étude indépendant le soin de répondre à ces questions. Avec son “Healthy buildings barometer”, le groupe pionnier des logements sains grâce à une meilleure ventilation et l’apport de davantage de lumière, veut alerter les décideurs des Etats européens et les inciter à renforcer leurs actions. Depuis 10 ans, leur constat est le même : les bâtiments ne sont pas seulement un enjeu de politique climatique. Ce sont aussi des lieux de vie qui renforcent les inégalités et qui peuvent avoir un effet néfaste sur la santé des personnes qui y habitent ou y travaillent.

Lorsqu’il est isolé, aéré et bien conçu, le logement est un nid douillet qui inspire, un filet social qui protège. Quand il est vétuste, mal isolé, sombre et humide, c’est la double peine environnementale et sociale : le logement enfonce ses habitants dans la précarité.

Or en Belgique, le bâti est vétuste et reste insuffisamment isolé.

A peine 10% des bâtiments de notre pays ont été construits depuis 2001, et 60% du bâti est vieux de plus de 50 ans.

Par ailleurs, selon les derniers chiffres de Embuild, la majorité des logements sont énergétiquement dans le rouge (classe énergétique E, F et G). Aujourd’hui, seuls 1,5% des logements wallons et moins d’un pourcent des logements bruxellois atteignent le graal de la classe énergétique A.

Les autorités le savent et tentent d’agir en conséquence. Sous cette législature, les trois Régions ont fait de la rénovation une priorité budgétaire ; une par une, elles organisent le calendrier d’obligation de rénovation, notamment pour les propriétaires bailleurs ; des projets pilotes, pour faciliter les démarches des propriétaires, portent leurs fruits et méritent d’être consolidés (on pense notamment aux plate-formes de rénovation locale en Wallonie ou à Rénolution à Bruxelles)

Tout cela est encourageant, mais …

Les vents sont contraires : l’explosion du coût des matériaux et l’envolée des taux d’intérêt réduisent l’impact de l’augmentation des primes sur la mobilisation des ménages. On le constate sur le terrain : pour de nombreux propriétaires, la rénovation profonde de leur bien n’est malheureusement toujours pas à l’ordre du jour.

Comment les convaincre, les inciter, les soutenir ? Comment améliorer les politiques publiques pour une triple dividende sociétale et transformer rapidement et massivement des logements mal isolés, humides et inadaptés à la taille des ménages en lieux de vie qui prennent soin de leurs habitants, de la planète et du climat ?

À quelques semaines des élections, cette 10e édition du “Healthy buildings barometer” fait le choix de l’espoir. Plutôt que de ressasser une énième fois les constats connus, les auteurs proposent un nouveau cadre d’action aux futurs responsables politiques. Ils formulent 10 recommandations pour des décisions politiques qui ne se limitent pas à l’enjeu de la consommation énergétique.

Des logements résilients durables et abordables, qui s’adaptent aux besoins de leurs habitants, dont le climat intérieur améliore leur santé physique et mentale, dont les matériaux et la conception intègrent la limite des ressources naturelles, ça existe et c’est possible ; le baromètre propose d’ailleurs 7 sources d’inspiration à travers l’Europe.

Revenons en Belgique pour conclure.

Les efforts gigantesques réalisés au cours de la législature qui s’achève ne portent pas encore tous leurs fruits. C’est un marathon dans lequel nous nous sommes collectivement engagés, nous, acteurs du secteur du bâtiment, autorités publiques et citoyens. Nous devons tenir dans la durée et résister à la tentation de passer à autre chose. Dans un monde en crises, permettre à chacun de vivre dans un logement qui protège et émancipe, c’est la meilleure des politiques. Et c’est l’investissement le plus durable pour l’économie, les citoyens et l’environnement.

Healthy Buildings Barometer 2024

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