Afin de réduire l’impact du secteur de la construction sur le climat et l’environnement, Maarten Gielen, Tristan Boniver et Lionel Devlieger ont lancé en 2005 l’étude « Rotor » qui se penche sur la façon de pallier les flux de déchets provenant de l’industrie et de la construction. En l’espace de vingt ans, ce collectif bruxellois de concepteurs est passé du stade de petit groupe de penseurs un peu marginaux à une organisation ayant pignon sur rue, dont l’approche de la réutilisation des matériaux de construction et de la préservation des bâtiments existants est largement connue dans le monde de l’architecture et de la construction, notamment à l’international.
Depuis son exposition au pavillon belge de la Biennale d’architecture de Venise en 2010, Rotor est devenu un bureau de conception, de recherche et de conseil. Dans chaque projet, grand ou modeste, proche ou éloigné, au-delà d’étudier dans quelle mesure le bâtiment d’origine peut être préservé, quels matériaux de construction conviennent pour une réutilisation et comment l’immeuble peut être durable et adaptable, Rotor examine aussi l’impact socio-économique, écologique et culturel potentiel des processus de construction sous-jacents qui demeurent souvent invisibles. Le Librebook Bookshop à Bruxelles (2016), le projet socio-artistique pionnier Zinneke à Bruxelles (en collaboration avec Ouest, 2020), le comptoir d’information d’Extra City à Anvers (2021), la nouvelle scénographie de Mu.Zee à Ostende (2021), le réaménagement de la tour Philips à Bruxelles (en collaboration avec Conix RDBM, 2022), le réaménagement de la cafétéria Realco à Ottignies-Louvain-la-Neuve (2023)… Autant d’exemples de la manière dont Rotor parvient à appliquer une forme de réutilisation et de conservation.