« Cette méthode brique par brique, la brique style ancien, est révolue. C’est une architecture du passé, cette technique ne répond plus aux besoins de notre époque. Nous devons trouver quelque chose de nouveau, une méthode standardisée »1, soupirait Léon Stynen après que la maison qu’il avait construite en 1928 pour un briquetier de Boom avait retenu l’attention internationale. Peter Callebout, son contemporain, cherchera toute sa vie une telle « méthode ». Sans toutefois ressentir de malaise dogmatique lorsque des techniques traditionnelles et des matériaux naturels s’avéraient nécessaires. Conçu en 1968 – et ce n’est pas un hasard ! – le centre De Saedeleer de Peter Callebout, un espace indéfini sur une sorte de pilotis construit dans l’empreinte en briques d’une ancienne ferme constitue le point d’orgue de sa quête d’une architecture non ancrée dans son paysage existant, mais acceptant sa propre dimension éphémère. Pourtant, il est toujours là, tel un précurseur oublié de thèmes qui sont aujourd’hui poussés à l’avant-plan comme si on venait de les inventer : « économie de moyens », désartificialisation des sols, utilisation multiple, faculté d’appropriation, caractère éphémère ou circularité. 1 Léon Stynen in Joos Florquin, Ten huize van… , Davidsfonds: Leuven, 1972, p. 113.