Publié le 06.05.2024 | Texte: Lisa De Visscher

Le mois dernier, dans le cadre de la présidence belge de l’Union européenne, les ECAP ont eu lieu en Belgique. Cela fait déjà plus de vingt ans que ces European Conferences of Architectural Policy tournent partout en Europe ; cette fois, elles étaient organisées à Bruxelles par la Team Vlaams Bouwmeester et la Cellule architecture (FWB). Trois jours durant, des décideurs venus de presque tous les pays d’Europe se sont réunis dans le but de développer une Baukultur commune, une réflexion sur la qualité architecturale.

Cette édition était placée sous le signe de la « co-construction », à savoir comment les commanditaires publics peuvent tenir compte des différents acteurs que sont, par exemple, les promoteurs privés, les concepteurs et les citoyens. Quel rôle jouent-ils, dans quelle phase du projet une collaboration est-elle possible et via quels mécanismes ? Et surtout : comment faire pour que la qualité du projet soit systématiquement au cœur de chaque interaction ? Les séances plénières ont approfondi ces questions. Les responsables présents et les différentes parties prenantes ont été conviés à se pencher ensemble sur des cas concrets lors de trois séries d’ateliers thématiques interactifs préparés et modérés par Citytools et la Faculté d’Architecture et d’Urbanisme de l’Ugent ; chaque atelier était l’occasion d’aborder le rôle d’un des acteurs – le secteur immobilier, les citoyens ou les concepteurs. Chaque session abordait un cas belge et un cas étranger.

C’est ainsi que le site de Tours & Taxis a été étudié comme exemple de la façon dont un promoteur privé et les pouvoirs publics (la Région bruxelloise et le Maître-Architecte bruxellois) peuvent collaborer pour organiser des concours et générer de la qualité. Pour les cas à l’étranger, il y avait la Galerie Vankovka, le shopping-center de Brno (en République tchèque) où les pouvoirs publics, le promoteur et les citoyens ont œuvré ensemble pour sauver un bien industriel de la démolition et le réaffecter. Le projet résidentiel « Transvaal » de PTArchitecten à Bruxelles fut mis en lumière pour illustrer comment les (futurs) utilisateurs peuvent avoir leur mot à dire sur la qualité de leurs logements, notamment grâce au mécanisme du Community Landtrust. À Vienne, « Gleis 21 » a montré comment les habitants, via un système coopératif, ont développé leur propre immeuble d’appartements avec des architectes, des paysagistes et des promoteurs. La troisième série d’ateliers illustrait la manière dont les architectes peuvent intervenir dans la politique globale par des collaborations directes avec les communes ou des missions de recherche par le projet. Cette série abordait les cas du « Droge Delta » (Labo Ruimte), de l’aménagement du centre de Torhout (List, Lola Landscape) et du « pool patrimoine » du Stadsbouwmeester de Gand. Les cas étrangers, quant à eux, illustraient la revalorisation de la région minière qui s’étend sur la quasi-totalité du nord de la Suède, le travail du Maître-Architecte de la ville de Riga (Lettonie) et un projet d’étude visant à débarrasser totalement le Luxembourg des énergies fossiles.

L’ambition des ECAP est de renforcer le réseau européen autour de la politique architecturale, l’échange de connaissances et d’expertise, ainsi que de formuler des recommandations politiques au niveau européen et national. Les ateliers et les discussions qui ont suivi ont mis en évidence toute la diversité des politiques architecturales en Europe, et tout ce que les pays et régions ont à apprendre les uns des autres. Le fait que les différentes parties – pouvoirs publics, concepteurs, promoteurs, utilisateurs – doivent être impliquées est une évidence. Ce point, qui comptait aussi parmi les ambitions des ECAP Brussels 2024, s’est toutefois avéré plus difficile à réaliser étant donné que la grande majorité des participants étaient des représentants des instances publiques. Voilà donc une première recommandation pour la prochaine édition des ECAP en Hongrie ou en Pologne.

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