Parler pipi dans une revue sérieuse est toujours un défi. Et pourtant, l’heure est grave et justifie ce petit écart à la bienséance. L’absence de toilettes publiques gratuites accessibles pour les hommes comme pour les femmes devient un problème structurel auquel il faut s’attaquer.

La gestion des excréments a été, au fil des siècles, un constant défi technique, sanitaire, social et culturel. Au 19e siècle, face à l’explosion démographique, les villes européennes se dotent, pour la plupart, d’infrastructures de toilettes publiques (pour hommes, précisons) : urinoirs, sanisettes, vespasiennes envahissent les villes, dans une tentative de juguler ce qui devient un véritable problème sanitaire. Certaines font même des efforts esthétiques, techniques, et tentent souvent de combiner urinoirs et autres aménités du mobilier urbain. Au tournant du siècle, la seule ville de Bruxelles compte quelques 200 toilettes publiques sur son territoire.