Depuis 2022, avec les projets « Label », BMA sélectionne et finance chaque année des propositions de recherche provenant de la société civile, des concepteurs et des chercheurs, dont l’objectif est de stimuler des expérimentations dans le domaine urbain et de définir des thèmes d’exploration émergents. Ce texte se concentre particulièrement sur deux projets : Stadssubstraat (Plant & Houtgoed, BMA Label 2024, projet en cours) et Du Bruxellien au Bruxellocène (Maxime Jaume & Lucile Pujol, BMA Label 2023, projet en cours de finalisation), dont le dénominateur commun est une exploration de l’épaisseur du « sol », et plus spécifiquement du sol urbain bruxellois, qui se révèle une stratification complexe de surfaces, de processus et de politiques.

La Région de Bruxelles-Capitale repose sur un socle géologique de roches sédimentaires dont la genèse remonte à plus de 500 millions d’années, couvertes par une couche géologiquement beaucoup plus jeune, le Quaternaire, dont diverses opérations anthropogéniques de déblais et de remblais ont modifié la nature, confondant les limites entre géologie, pédologie, biologie et urbanisme. Au droit de cette section « profonde », les deux projets se situent à deux niveaux – et horizons – différents : Stadssubstraat se concentre sur la couche la plus superficielle du Quaternaire, analysant une épaisseur riche en matière organique, tandis que Du Bruxellien au Bruxellocène observe la couche immédiatement en dessous, en se concentrant sur un corps géologique spécifique de sables propre à la Région de Bruxelles-Capitale ou Région bruxelloise – le Bruxellien.