En novembre 2022, la Team Vlaams Bouwmeester a lancé la douzième édition du « Meesterproef » (chef-d’œuvre), qui existe depuis aussi longtemps que l’institution du Vlaams Bouwmeester. Le Meesterproef a été créé en 1999 pour offrir aux jeunes talents fraîchement diplômés l’opportunité de réaliser une mission publique. Tijl Vanmeirhaeghe, Annelies De Nijs et Maud Goossens, qui ont respectivement participé aux éditions de 1999, 2010 et 2019, partagent avec nous leurs réflexions sur l’importance du Meesterproef dans leur parcours professionnel et sur la valeur de cet instrument pour les concepteurs et commanditaires du secteur de l’architecture contemporaine.

En 1986, la maison d’édition Kritak avait publié un recueil intitulé Mooie jonge goden (Jeunes et beaux dieux*). D’après l’éditeur, les auteurs des nouvelles sélectionnées devaient « fournir pour demain une littérature d’envergure à notre région linguistique (NdT : la Flandre) ». Dans les premières éditions du Meesterproef, les lauréats remportaient un trophée estampillé du label « Jong, Vlaams ontwerper » (jeune créateur flamand, trad. libre). Annelies De Nijs (Atelier Horizon), Maud Goossens (Atelier Horizon) et Tijl Vanmeirhaeghe (Havana) s’accordent à dire que ce genre de label doit être utilisé avec prudence. « Les étudiants sont parfois très déçus de ne pas être sélectionnés, alors qu’un grand nombre de bons concepteurs n’ont pas participé au Meesterproef. Si c’est un privilège de pouvoir participer au Meesterproef, nous devons veiller à ne pas sombrer dans l’idolâtrie du culte de la personne », met en garde Annelies De Nijs.