Avant l’été 2020, le Parlement européen a lancé un concours pour la rénovation ou le remplacement du bâtiment Paul-Henri Spaak – plus couramment appelé le Caprice des Dieux. Deux ans plus tard, le gagnant est connu: le bureau JDS architects sera chargé de concevoir le bâtiment le plus imposant et le plus complexe du quartier européen, en collaboration avec Coldefy, NL architects, Ensamble Studio et Carlo Ratti Associati. Kristiaan Borret et Lisa De Visscher, membres du jury, commentent pour nous le processus de sélection et les projets retenus.
À l’instar des prises de décision au niveau européen, ce concours ne fut pas une sinécure. Lors de la préparation qui a duré plusieurs années, les parlementaires se sont régulièrement affrontés dans le débat sur la définition du projet, et comme ils ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur une démolition complète du bâtiment ou sur sa rénovation en profondeur, c’est au concours qu’ils ont décidé de « refiler la patate chaude ». Dès lors, il incombait aux architectes de faire un choix entre ces deux options, et le jury s’est vu contraint de comparer des pommes avec des poires. D’hésitations en tergiversations, le Parlement a entre-temps été rattrapé par la réalité, et la réutilisation est désormais une priorité dans le cadre de la construction durable. Le programme du concours, qui regorgeait d’autres ambitions durables plus techniques, était évidemment particulièrement complexe en raison de la fonction exceptionnelle du bâtiment – la grande diversité de mesures de sécurité n’étant pas parmi les moindres contraintes.