À première vue, peu de choses ont changé ces cent cinquante dernières années à l’Harmoniepark d’Anvers. Tant la végétation que le bâtiment blanc nacré auquel le parc doit son nom semblent avoir résisté sans sourciller à l’épreuve du temps, mais l’ensemble qui datait du 19 siècle n’a toutefois pris sa forme actuelle qu’au terme d’une récente transformation en profondeur. Abritant désormais le nouveau guichet régional Antwerpen-Harmonie, il concilie habilement le passé et le présent ; mêlant restauration, camouflage et falsification historique respectueuse, il ressuscite un passé qui, stricto sensu, n’a jamais existé.

Ce mélange a permis aux concepteurs Kempe Thill et Re-st d’exploiter l’histoire du site sans s’enfermer dans le carcan d’une minutieuse reconstruction. Cela soulève des questions intéressantes sur le patrimoine et l’authenticité : à quel point voulons-nous que l’histoire que nous préservons et présentons soit fidèle à la réalité ? Et quels sont les rapports entre les qualités matérielles et immatérielles des bâtiments ou sites historiques ?