Dans une ancienne champignonnière de Sint-Amandsberg (Gand), Els Claessens et Tania Vandenbussche du bureau d’architectes Ectv ont réalisé un projet d’habitat groupé royalement confortable. « La clé, c’est le partage, et ce qu’on décide de partager. »

Où aller, à présent que les terrains à bâtir se font rares et que s’accroît la demande de logements urbains ? Dans la périphérie du 19e siècle, peut-être ? Quoique bâclés, les îlots qu’on y trouve sont de grande taille. Si les rues sont étroites, les places peu nombreuses et que les seuls parcs sont ceux qui ont été ultérieurement sauvés du laissez-faire, il y a de l’espace à l’arrière des bâtiments donnant sur la rue. Celui-ci était par le passé réservé aux petites entreprises des habitants, avec des constructions provisoires ou plus permanentes nichées entre les jardins constellés de remises et d’annexes. Ce genre de modèle urbain en fait aujourd’hui rêver plus d’un : petites entreprises manufacturières, habitat proche du lieu de travail, dans une coexistence plus ou moins harmonieuse. Mais les entreprises de ce genre se raréfient ou sont drainées vers les zones d’activité périurbaines, et les autorités délivrant les permis exigent avec intransigeance une végétalisation des intérieurs d’îlots. Pourtant, lorsqu’une parcelle de ce genre se libère, on pourrait y habiter. Il resterait davantage d’espace de jardin que ce dont se contentait l’entreprise. Cet habitat de second rang se heurte toutefois à la méfiance des autorités qui accordent des permis et à celle du voisinage. Il se doit d’être différent de celui situé à front de rue.