Après plusieurs années d’exode urbain, nos villes ont repris une croissance rapide, de sorte que le marché du logement y « craque aux entournures ». Les prix d’achat, de location, de construction et de rénovation augmentent fortement. Les développements récents tels que la hausse du coût des matériaux et de la main-d’oeuvre, ou encore celle des taux d’intérêt ne font qu’amplifier cette tendance. Un chiffre résume parfaitement à lui seul la complexité de la crise du logement urbain : ½. Un citadin sur deux est locataire de son logement. Et pendant ce temps, la politique du logement urbain doit composer avec des cadres régionaux et fédéraux axés sur la propriété. Un bien locatif sur deux est en mauvais état. La moitié des locataires doivent vivre sur un seul salaire et consacrent une trop grande partie de leurs revenus à leur loyer. Contraints et forcés, bien entendu, puisqu’au cours des dix dernières années, les loyers urbains ont augmenté de moitié. Le résultat est que la moitié de la population urbaine ne trouve plus de loyers abordables, alors que se loger est un droit fondamental. S’ajoute à cela le fait que la moitié des ménages sont des isolés, des familles monoparentales ou des familles nombreuses ou nouvellement recomposées, tandis que la politique de gestion des espaces demeure alignée sur le modèle familial classique.
Offre insuffisante, logements inadaptés, loyers et prix d’achat trop élevés ou encore qualité médiocre… Tous ces éléments combinés font en sorte que trouver des habitations abordables est désormais un problème complexe, alors que le marché du logement n’évolue que très lentement. Il n’y a pas de solutions miracles : réduire la TVA, ou rendre les emprunts hypothécaires fiscalement déductibles (l’aide au logement)? La principale conséquence a été une augmentation des prix étant donné que les ménages disposaient d’un budget supérieur. Augmenter l’offre ? Construire davantage, plus haut et surtout plus petit ? Au lieu de résoudre la crise du logement, cette mesure a transformé l’immobilier en placement financier attrayant. Aucune de ces solutions n’a inversé la tendance, précisément parce qu’elles ne prenaient pas la mesure de la complexité de la situation. Alors, que faire pour remédier au problème ?