« Nul ne peut nier qu’à l’image de la plupart des activités h maines, l’architecture traverse une crise. Celle-ci se perçoit dans la réalité construite, dans le processus d’intervention de l’architecte et dans l’enseignement. » C’est sur ces propos de Jean Barthélemy que s’ouvrait en 1973 le tout premier édito de la revue A+, qui venait de voir le jour.

La création d’une revue par un groupe de jeunes architectes motivés à une époque où l’architecture, comme la société tout entière, traversait une crise identitaire, témoigne d’un espoir et d’une confiance insoupçonnés dans le pouvoir des mots, de la réflexion critique et de l’imagination. Cet espoir s’est traduit dans des textes forts et des thématiques audacieuses qui, au fil des ans, ont continué à alimenter le débat. Aujourd’hui, 50 ans plus tard, nous en sommes au 300 e numéro. Même si elle ne porte plus le même nom, la crise qui sévit toujours continue à entretenir la conviction qu’une critique de l’architecture et une plate-forme belge de discussion sont indispensables pour répondre aux innombrables urgences sociétales et spatiales.