Dans l’univers de la culture, l’architecture s’intéresse souvent à tout sauf à la culture. Prenons pour exemple le musée Guggenheim à Bilbao, conçu par Frank O. Gehry. L’aura du bâtiment au niveau de la ville dépasse de loin la valeur intrinsèque de l’espace d’exposition. Le musée est le couronnement de la revitalisation des berges du fleuve et, par extension, de toute la ville. Même si les chances sont maigres que votre city-trip à Bilbao ait eu pour seul but la collection du Guggenheim. La fonction urbaine d’un palais de la culture est aussi vieille que l’humanité. Prenons le Parthénon, dont on pense qu’il était effectivement un bâtiment vide, ou encore le centre culturel Westrand à Dilbeek, conçu par Alfons Hoppenbrouwers, qui faisait partie d’une politique d’affirmation de la présence flamande en banlieue.

Se pourrait-il que la culture ne trouve sa pleine expression que lorsqu’aucun bâtiment n’attire toute l’attention sur lui ? Inversons un instant la logique et partons de la plateforme Cinemaximiliaan, une initiative culturelle à Bruxelles dirigée depuis 2021 par Annabelle Van Nieuwenhuyse. Au départ, c’était une activité qui se déroulait au parc Maximilien, où pas moins d’un millier de réfugiés vivaient sous tente, à deux pas de la gare de Bruxelles-Nord. C’était en 2015. Ce parc situé au pied du WTC est devenu le symbole de la crise de l’asile qui a frappé le pays. Tous les matins, d’interminables files d’attente se formaient devant l’Office des étrangers, qui s’était à l’époque installé dans les locaux vides du socle du WTC.