Publié le 25.10.2023 | Texte: Amélie Poirel | Photos: V+ / NO90

Le concours pour la transformation des ateliers communaux d’Etterbeek est remporté par l’équipe de V+ et NO90 (NOTAN + Nonante). Cette rénovation du bâtiment permettra d’accueillir à la fois les ateliers communaux au rez-de-chaussée et l’équipement social “Espace Libellule” aux niveaux supérieurs. A travers six interventions distinctes, les architectes mettent un point d’orgue à améliorer l’habitabilité et l’inclusivité du lieu en tentant d’apporter une cohérence à l’ensemble. Ce projet a su convaincre face à ceux des autres participants en lice : Aa-ar- atelier d’architecture Alain Richard d’une part et l’association momentanée de Mamout et Carton 123 d’autre part.

Pour assurer l’indépendance des deux programmes, deux noyaux de circulation sont créés autour d’un foyer central. Ce dernier sert de point de rencontre, notamment lors d’événements publics. D’un point de vue structurel, les interventions se limitent à l’essentiel. Tous les éléments pouvant être sauvegardés restent tels quels. Tandis que les ajouts sont lisiblement juxtaposés, révélant ainsi les évolutions successives du bâtiment. Dans l’Espace Libellule, une épicerie sociale et une friperie prennent place de chaque côté du foyer central et permettent ainsi la rencontre entre leurs usagers.

De nouveaux espaces publics extérieurs sont créés, une terrasse et un jardin suspendu se déploient sur le toit des ateliers. L’espace de la terrasse en hauteur est tenu par les murs en briques existants conservés, ainsi que leurs ouvertures qui cadrent des vues sur le paysage. Le jardin, non accessible, se tourne vers le square public réalisé par grue de l’autre côté de la rue.

Le projet agit également sur les circulations. Une tour ascenseur, à l’image d’un campanile selon ses concepteurs, démontre sa vocation publique depuis la rue. Relié à lui, un escalier extérieur longe la façade et tisse le lien entre le square et les espaces publics extérieurs en toiture.

Les interventions sont aussi synonymes de la création d’espaces polyvalents, afin de donner davantage de possibilités d’appropriation. C’est le cas du foyer en double hauteur. Tandis que les boîtes contenant les techniques, sanitaires et espaces de stockage prennent la forme de volumes clos, libérant ainsi les façades pour faire entrer plus de lumière à l’intérieur du bâtiment.

L’intervention la plus invasive implique la suppression d’une partie du toit et l’ajout d’une structure bois pour le rehausser et ainsi augmenter la hauteur sous-plafond. La nouvelle façade présente quant à elle une large baie, ainsi le regard se tourne vers la ville, mais invite aussi quiconque à s’en approcher.

Par une économie de moyens, avec des interventions ponctuelles qui se veulent judicieuses, le projet vise l’inclusivité sociale pour répondre aux besoins de la communauté. C’est un assemblage qui ressort de ce travail sur l’existant, où ajouter, retirer, transformer sont finalement synonymes d’un bricolage heureux entre le passé industriel sauvegardé et le nouveau bâti avec son langage propre.

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