En novembre prochain, la Belgique accueillera le colloque international « Habiter le care » pour penser le logement et ses abords à la lumière des études de genre. Co-organisé par les Facultés d’architecture de LOCI UCL et de La Cambre-Horta ULB ainsi que par l’association féministe Angela.D – Le logement par et pour les femmes, l’événement engage un dialogue entre les théories du care, la sociologie du logement, l’anthropologie de l’habitat et les études de genre.
Issue il y a plus de cinquante ans de la pensée féministe américaine, la notion de care, traduite en français par les concepts de soin et de sollicitude, projette l’ensemble du travail accompli, rémunéré ou non, comme réponse à nos vulnérabilités. Elle permet également de comprendre combien et comment les pratiques de soin aux autres et à l’environnement – bâti ou non bâti, matériel ou immatériel, humain ou non humain – se déploient au sein d’un continuum de relations interdépendantes. Dès 1993, l’Américaine Joan Tronto, féministe et professeure de sciences politiques, propose une définition holistique du care qui invite à penser les dimensions spatiales des relations sociales, tant pour envisager les pratiques résidentielles que pour appréhender les logiques de production et de gestion du logement et de ses abords. Ainsi, le care est une « activité générique comprenant tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer et réparer notre monde, de sorte que nous puissions y vivre ensemble aussi bien que possible ».