Si la politique architecturale relève de la compétence régionale, les décisions les plus concrètes sont prises au niveau local. A s’est entretenu avec Peter Vanden Abeele, Christian Rapp et Georgios Maïllis, trois architectes et urbanistes respectivement de Gand, Anvers et Charleroi, et a recensé les moyens que chacun d’entre eux met en œuvre pour construire sa ville.

« Un architecte urbaniste peut développer des instruments politiques, mais il est avant tout lui-même un instrument politique. » Ces propos sont ceux de Georgios Maïllis, urbaniste en chef de Charleroi depuis 2015, qui a entamé le 1er octobre dernier son troisième et dernier mandat de quatre ans. « Un urbaniste doit être au service du projet politique du collège des bourgmestre et échevins et, par conséquent, indirectement, au service des citoyens. Mon équipe et moi-même collaborons avec l’administration, mais nous n’en faisons pas partie. Il est essentiel que nous conservions à tout moment notre indépendance vis-à-vis de l’administration, sinon nous ne pouvons pas remplir correctement notre mission. » Christan Rapp, architecte en chef de la ville de Gand depuis 2016 et actuellement dans son deuxième mandat de cinq ans, partage cet avis. « En tant qu’architecte en chef, vous vivez grâce à la confiance que vous accorde l’administration politique. » Il ne se considère d’ailleurs pas comme un décideur politique. « Ma mission principale consiste notamment à faire le lien entre l’administration que je coache et la politique que je conseille. Il m’arrive parfois de ne pas être d’accord avec cette politique, mais j’en discute alors en interne, je ne le crie pas sur tous les toits. » La relation avec l’administration (urbanistique) et les différents services municipaux n’est pas toujours claire. Souvent, ces services fonctionnent déjà depuis plusieurs décennies avant la création d’un poste d’architecte en chef de la ville. Peter Vanden Abeele est devenu le premier architecte en chef de Gand en 2017 pour un mandat de six ans et a ouvert la voie ces dernières années à davantage de discussions sur la qualité architecturale. « Je ne considère pas seulement mon rôle comme celui d’un bâtisseur de ponts entre l’administration et la politique, mais aussi comme celui d’un acteur transversal qui rassemble les différents services municipaux autour d’une table. »