Qu’un architecte envisage de fuir, c’est une chose. Qu’il passe à l’acte, c’en est une autre. On ne peut pas dire que l’initiative émane totalement de Voorspoels et Daem – c’est plutôt leur maître d’ouvrage qui a osé franchir le pas. Même si, non, ce n’était pas une fuite visant à se mettre à l’écart du monde ! Ils rêvaient de s’installer dans une cabane en bois rudimentaire. Pour finir, si elle n’est pas aussi modeste qu’initialement prévu, elle est d’autant plus un lieu où la famille aime se retrouver. Qu’y a-t-il de plus beau que d’admirer ensemble une nuée d’oiseaux en route vers des lieux pleins de promesses ? C’est à la mer qu’ils ont décidé de construire leur nid. Plus précisément à Saint-Idesbald.

Quelque part dans un petit quartier au milieu des dunes, ce n’est pas une maison blanche qui a vu le jour, mais une sorte de cabane verte. Pour son implantation, le volume s’est inspiré des alentours : intégré et caché, entre les dunes, il bouge au rythme du relief sablonneux qui l’entoure. Les passants qui approchent de cette construction à la croisée de plusieurs routes sont souvent tentés de ralentir et de faire le tour de la maison. Pas pour épier l’intérieur, mais plutôt par admiration pour cette construction qui ne se livre que progressivement. De l’intérieur, cela crée une proximité qui donne aux habitants le sentiment que le voisinage entre jusqu’à la table de la cuisine. Pas par voyeurisme, mais en compagnons. Une configuration particulière qui est notamment rendue possible par la différence de niveau côté rue, qui se trouve plus haut. En commençant par la zone d’entrée couverte au rez-de-chaussée, le socle en béton amorce un mouvement progressif vers le bas. Cette disposition crée une stratification renforcée par la composition précise du bardage en lattes de bois qui habille en deux couches les murs extérieurs.