Symbole du modernisme des années 1930, la centrale thermoélectrique du Val-Benoît fait aujourd’hui l’objet d’une importante reconversion. Entre valorisation patrimoniale et réalités actuelles, le projet de Baumans-Deffet – Dirix raconte autant l’histoire d’un héritage que celle de ses réactivations contemporaines.
Au début des années 1930, l’Université de Liège acquiert des terrains vierges autour de l’abbaye du Val-Benoît pour y ériger un campus dédié aux métiers de l’ingénierie. En cette époque avide de progrès, les enseignants-ingénieurs s’entourent d’architectes modernistes engagés. Sur dix hectares s’élève une série de bâtiments novateurs, dont les techniques avant-gardistes résonnent avec les expositions internationales tenues à Liège cette décennie-là. Le bâtiment de la centrale thermoélectrique, conçu par Albert Duesberg en 1937, fait partie de ces constructions remarquables en forme de manifestes du progrès. Avec ses allures de paquebot et sa tour emblématique, l’édifice se distingue par son système poteau-poutre, ses grandes façades vitrées et sa chaufferie capable d’alimenter tout le site en eau chaude et en électricité via un réseau souterrain. Trente ans à peine après son édification, l’Université délocalise ses activités vers les hauteurs de Liège, abandonnant progressivement le campus. À la fin des années 2000, alors que les bâtiments sont en déliquescence avancée, la SPI – l’agence de développement territorial de la province – rachète le site avec l’ambition de transformer le campus en quartier de ville. Elle lance un concours d’urbanisme pour reconvertir la centrale en centre des métiers.