En 2019, l’équipe formée par Aadd et Archipelago remportait le concours pour la reconstruction de l’hôpital psychiatrique sécurisé (HPS) du centre Les Marronniers à Tournai. En attentant que le projet sorte de terre l’artiste Françoise Schein, nommée dans le cadre du décret pour l’intégration d’œuvres d’art, pose les premières pierres d’un environnement de guérison en allant à la rencontre des patients et de leur histoire.

L’hôpital psychiatrique sécurisé (HPS) les Marronniers est un lieu d’internement. En Belgique, la justice soustrait à toute condamnation pénale un individu qui a commis un crime ou un délit si celui-ci a été reconnu comme étant atteint d’un trouble mental au moment des faits. Sa prise en charge médicale est cependant obligatoire ; l’individu est alors « soigné sous la contrainte » dans un HPS, comme ici à Tournai. L’internement oscille entre une logique de soin et une logique de « peine à purger », pour un individu présentant un danger pour la société, ou au contraire pour le protéger. Implanté à la lisière de la ville, par-delà les anciennes fortifications devenues boulevards, le site est l’illustration géographique de son paradoxe programmatique ; entre soin et surveillance, l’HPS les Marronniers borde un hôpital tout en surplombant une prison. Sa position dominante, sur un plateau, offre une vue dégagée sur le paysage agricole d’un côté et sur la ville de l’autre, faisant oublier un instant la double enceinte maçonnée qui marque la frontière physique entre l’institution et le reste de la cité.