Depuis 2015, l’UPA-BUA (Union professionnelle d’architectes – beroepsunie van architecten) décerne chaque année le prix Van Hove des étudiants. Un jury diversifié composé d’architectes praticiens choisit un ou plusieurs lauréats parmi une sélection de projets de fin d’études dans les facultés belges délivrant le diplôme d’architecte ou d’ingénieur architecte. Cette année, le jury a primé deux lauréats, tous deux issus de la KUL Sint-Lucas Gent. Une étude approfondie du contexte, une analyse typologique, des schémas clairs et de beaux documents graphiques leur ont valu de remporter le premier prix.
Dans « Stoffwechsel of Peralta de Alcofea », Marcos Suelves cherche l’ancrage local. La famille Suelves vit depuis toujours dans le nord de l’Espagne, au pied des Pyrénées, dans le petit village de Peralta de Alcofea. En raison d’un risque d’effondrement, la maison en terre qui a abrité plusieurs générations successives devait être démolie ou rénovée. Le projet de nouvelle habitation avec atelier qui remplace la maison familiale est un noble geste envers la tante qui y habitait encore. Grâce à une étude méticuleuse des méthodes et matériaux de construction de la région de Somontano, le projet s’inscrit humblement dans l’esprit rural des lieux et réduit son empreinte écologique. Par les briques de différents formats et textures utilisées pour créer une façade à facettes, le raffinement du langage architectural rehausse l’esthétique du projet. La variété résulte d’une sélection pragmatique de types de briques d’après leurs caractéristiques : solidité, performances thermiques, prix… Les briques les plus solides constituent le squelette de la structure, les briques isolantes délimitent les espaces intérieurs, et les murs intérieurs non porteurs sont réalisés dans les matériaux les moins chers. Ces grandes lignes délimitent un espace de jeu à l’intérieur duquel les matériaux sont mis en oeuvre de manière atypique. Des ouvertures rondes dans la section transversale des briques permettent de suspendre les protections solaires. Même les descentes d’eau deviennent des éléments tectoniques qui rythment la composition fragmentée de la façade. À Peralta, le changement contextualisé de matériaux se traduit par une architecture vernaculaire et éclectique qui, grâce au système, affiche une certaine flexibilité inhérente.