Cinquante ans après sa création, la Maison de la culture de Tournai nécessitait une réactualisation de ses équipements et de son organisation. Une tâche confiée au bureau bruxellois a practice, qui se saisit de la valeur incontestable de l’édifice pour proposer une intervention à la fois discrète et évidente.

La Maison de la culture de Tournai (1971-1980) est une œuvre pionnière à bien des égards. Première de son genre sur le territoire national, elle est conçue par l’architecte Simone Guillissen-Hoa, connue comme étant l’une des premières femmes à avoir construit en Belgique francophone. Le bâtiment, situé au centre de l’ancienne plaine des Manœuvres, regroupe deux salles de spectacles et la bibliothèque communale. Si son architecture traduit un modernisme d’après-guerre moins radical dans son propos et son expression formelle, sa façade très articulée résulte d’un grand travail de composition en plan. En effet, afin de faire cohabiter plusieurs fonctions, Guillissen-Hoa travaille une trame irrégulière définie par des « cellules spatiales » aux dimensions et affectations diverses. Fidèle à la promesse d’une démocratisation de la culture, valeur fondatrice du projet, le plan se veut ouvert et flexible pour laisser libre cours à l’appropriation et aux évolutions futures.