Economie de moyens

publié le 21.03.2014

Que ce soit dans des projets de grande ou de petite taille, le bureau Greisch s’intéresse à l’économie de moyens, c’est à dire à allier l’économie de la matière à l’économie de la mise en oeuvre. En dehors des marchés publics conventionnels, cette recherche enrichie par les relations interpersonnelles motive l’ingéniosité des solutions techniques.

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© Bureau Greisch
Bureau Greisch, Liège, 2008
Pour respecter au maximum l’esprit de la conception originale du bâtiment, la charpente forme la gaine des techniques, mais aussi l’armature des éclairages et constitue la finition. A cet effet, des poutres ajourées ont été réalisées par pliage de l’acier.

 

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© Bureau Greisch

A+ Le bureau Greisch s’intéresse aussi bien à des projets de grande ampleur qu’à ceux de petits moyens.
vincent servais Le cheminement classique d’un projet conduit généralement vers des solutions techniques issues de réflexions propres liées à ce projet, donc associées à une programmation, analysées, projetées par une équipe d’auteur de projets, et transcrites dans des documents graphiques.
Dans quelques cas, et toujours en dehors de contexte public, la réflexion est autre. Elle est davantage liée à une opportunité, à un contexte ou à une réflexion particulière, mais toujours le fruit d’une relation interpersonnelle.

A+ A travers une succession de projets, s’est liée une relation assez fidèle avec l’entreprise de chaudronnerie Melens-Dejardin.
VINCENT SERVAIS Bien que modeste dans ses réalisations, la relation avec l’entreprise nous a effectivement conduit à des réponses structurelles particulières liées à des projets atypiques. Le premier contact s’est fait autour de la réalisation d’une pièce technique pour le pont de Ben-Ahin (1987). La première réelle coopération a cependant été initiée par Pierre Hebbelinck pour l’étude de la charpente de la maison Dejardin, du fils du chaudronnier, à Comblain-au-Pont (2004). La mise au point des détails et des résolutions techniques de ce ‘simple’ cube en corten a permis une prise de conscience commune des capacités de réalisation de l’un et de la liberté d’approche de l’autre. Cette liberté de réalisation s’est prolongée lors d’une demande de fabrication de charpente pour la construction d’un showroom pour l’artiste Bernar Venet.

 

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© Bureau Greisch

A+ Vous avez alors travaillé avec l’artiste?
VINCENT SERVAIS L’artiste a travaillé avec l’architecte français Charles Berthier pour concevoir une halle très épurée. Un espace sans élément ostentatoire baigné par un maximum de lumière diurne. Ils nous ont consulté pour la résolution technique. Nous avons travaillé avec l’entreprise pour parvenir à insérer la structure dans les formes géométriques de la toiture. Les liaisons des membrures disparaissent dans l’épaisseur des plans de toiture et la jonction entre les plans verticaux et obliques est réalisée par une tôle pliée. Les poutres sont placées successivement dans les bacs métalliques pour former la charpente. Cette intégration a été encore plus poussée à l’occasion de l’extension de nos bureaux (2008) puisque les gaines techniques ‘disparaissent’ dans la structure. Ce parti était motivé par la volonté de respecter au maximum l’esprit de la conception originale du bâtiment. Au final, la charpente est évidemment structurelle, gaine les techniques, forme l’armature des éclairages et constitue la finition. Nous avons par exemple réalisé les poutres ajourées par pliage de l’acier.
A+ Vous avez eu l’occasion de pousser la conception avec de l’acier corten?
VINCENT SERVAIS Un concours de conception-construction pour une passerelle à Farciennes au-dessus d’un échangeur a retenu notre attention. L’une des contraintes était que la passerelle ne requière aucun entretien (2005). Le corten s’est alors imposé. Le budget limité nous a motivé à réfléchir, directement en collaboration avec l’entreprise, sur l’économie de matière et de temps de travail. Nos recherches ont abouti à la réalisation d’une structure d’un simple caisson d’acier corten, où l’intégralité des éléments a été découpée hors d’une bobine de 8 mm. Nous nous sommes pris au jeu de la contrainte d’économie de moyens en poussant sa logique au maximum. Plus récemment, une offre de marché, lancée par une asbl en vue de la réalisation d’une passerelle de 14 mètres à On, pour un budget de 16 000 euros, nous a interloqué. On s’est dit que nous allions réfléchir à deux pendant deux heures pour évaluer la faisabilité… On a proposé à Dido, l’entrepreneur, de s’associer à la réflexion et on a remporté l’affaire. Au final, la tôle en corten est découpée en peigne dont les pics sont soudés à une corniche et la base est pliée puis boulonnée au platelage en bois exotique. A la réflexion, au vu du budget, je me demande si nous n’avons pas été les seuls à répondre…

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© Jean-Luc Deru ⎮ Daylight
Passerelle à On, 2011
La tôle en corten est découpée en peigne dont les pics sont soudés à une corniche et la base est pliée puis boulonnée au platelage en bois exotique.

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A+242
pages 100 -102

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