Lofts Rodebroek

Voltarchitecten + Bert Michels
publié le 24.10.2011 | texte Christophe Van Gerrewey logement collectif
© Filip Dujardin
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Les lofts de Voltarchitecten à Renaix prennent place dans une ancienne usine textile, transformée en six appartements, un atelier, deux espaces de bureau et des espaces extérieurs communs. Le fait que ce projet soit primé signifie-t-il que le principe du loft est enfin admis?

Selon le dictionnaire Van Dale, le loft est ‘un espace d’habitation sans murs intérieurs, à l’étage d’un ancien bâtiment industriel’. La définition, basée sur une tendance new yorkaise des années 1950, s’est entre-temps considérablement élargie. Un loft peut désormais être créé à partir de rien et ne doit plus obligatoirement se trouver au dernier étage. L’acceptation et la propagation de ce type d’espace – le film ayant remporté le plus de succès dans l’histoire du cinéma belge ne s’appelle pas ‘Loft’ par hasard – se résument par deux caractéristiques: un parfum industriel ou ‘brut’, et une absence de séparations entre les éléments fonctionnels de l’habitation (à cet égard, c’est Juliaan Lampens qui a inventé le loft). Tout l’attrait de ces caractéristiques réside dans l’illusion que l’on brise des tabous ou que l’on franchit des frontières, et qu’il se passe quelque chose de ‘nouveau’, de différent du ‘tout-venant’ ou des standards, à une époque où la capsule habitée devient de plus en plus oppressante et simpliste. Dans un loft, chacun est contraint de faire la même chose et malgré ce que peut prétendre le film à succès, aujourd’hui, c’est cuisiner ou regarder la télévision – et de préférence les deux en même temps. Dans les études d’architecture, seuls les étudiants de première année se risquent à créer un ‘sentiment de loft’ – la résistance qu’ils rencontrent les ramène vite à d’autres considérations. L’architecture d’habitat ne s’est que rarement explicitement identifiée au loft, entre-temps devenu un ‘lifestyle’, à l’exception de quelques expériences, par exemple, l’intelligent immeuble à appartements construit en 1987 par Jean Nouvel à Nîmes, qui n’évoque ironiquement le loft que pour aboutir à quelque chose de radicalement différent.
Le couronnement du projet de Voltarchitecten à Renaix indique-t-il que le loft est finalement admis? Une ancienne usine textile y a été transformée en six appartements, un atelier, deux espaces de bureau et des espaces extérieurs communs. Les éléments typiques du bâtiment d’origine – toiture en sheds, briques, membrures – ont été conservés. La structure des unités d’habitation suit le rythme du bâtiment. Chaque appartement trouve sa personnalité dans sa manière d’être en relation avec l’espace extérieur et l’organisation interne. En effet, l’intérieur dépourvu de pièces construites ne comporte que des blocs fonctionnels placés dans de grands halls. L’intérêt du projet réside dans la manière dont six familles cohabitent à proximité l’une de l’autre sur une surface réduite, dans un bâtiment existant. Intelligemment positionnée, la rue intérieure joue à cet égard un rôle crucial étant donné qu’elle crée un lien entre les unités d’habitation et les rend fonctionnelles, tout en contrant la logique spatiale du loft. Il est donc regrettable que cette première intervention organisationnelle n’ait pas davantage été imitée, par exemple dans le développement et les plans des appartements qui, de fait, n’expriment qu’insuffisamment les connexions entre eux, tels des lofts repliés sur eux-mêmes. Est-il réellement impossible de réunir et d’organiser six unités d’habitation différentes dans un seul et même grand loft, à l’instar de ce que font actuellement les habitants dans leurs logis respectifs, derrière des murs arrivant à mi-hauteur?

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Voltarchitecten + Bert Michels
Renaix | 2011
A+232
pages 36-38

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© Filip Dujardin
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