L'édito d'A+246

publié le 17.02.2014 | texte Audrey Contesse

L’architecture et la politique sont indissociables. Depuis ces huit dernières années, la politique s’inscrit dans la pierre: en Belgique, les maisons communales sortent de terre les unes après les autres. Dans les débats actuels entre fédéralisme
et régionalisation, la commune devient un repère, une échelle pour le citoyen. Dans les exemples sélectionnés par A+, les interventions architecturales tendent à ancrer ces maisons dans la ville pour permettre
 au citoyen de ne pas seulement identifier un pouvoir, mais d’y avoir accès dans une pratique quotidienne de la ville.
 A l’approche des élections, le lien
entre architecture et politique s’étale
de plus en plus régulièrement dans la presse. Le bourgmestre de Bruxelles
relance l’extension de la piétonisation
 du Pentagone, la clôture de l’enquête publique sur le Schéma de Développement de l’Espace Régional (SDER) fait couler de l’encre en Wallonie sur “ce plan adapté aux défis de notre siècle”.
Parallèlement, à l’heure où Charleroi et Tournai nomment chacune un ‘bouwmeester’, la fragilisation de celui d’Anvers a été le sujet de pièces d’opinion successives dans les quotidiens (p. 10) Son évincement devrait motiver d’autres voix… Quant au Vlaams Bouwmeester actuel, il a choisi A+ pour expliquer son départ de 51N4E et ses aspirations d’après mandat (p. 56).

La chimie qui unit architecture et politique doit rester entre de bonnes mains.

 

La réédition de l’ouvrage ‘AlbertSpeer: Architecture 1932-1942’ (p. 88) nous rappelle que Albert Speer est passé du rôle d’architecte à celui
 de ministre de l’armement et de la production de guerre, peu de temps après que son propre père – également architecte – l’ait traité de fou en voyant l’une des grandes maquettes de Germania, la capitale du Reich millénaire, réalisée pour Hitler. L’exemple montre l’une des limites à ne pas franchir dans l’alliance entre architecture et politique.

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